Dommages et renaissance

Jeudi 8 octobre. 18 heures. Centre-ville de Beyrouth. Plusieurs centaines de personnes sont rassemblés pour hurler leur colère contre l’actuel gouvernement. Répondant à l’appel du collectif « Vous puez », né de la crise des déchets, les citoyens protestent contre des politiciens inactifs alors que la capitale croule sous les déchets depuis la fermeture de la décharge de Naamé en juillet dernier.

Jeudi 8 octobre. 18 heures. Achrafiyeh. Quelques mètres plus loin, un embouteillage monstre paralysie le quartier de Sursock. Plusieurs centaines de personnes sont venues célébrer la renaissance du célèbre Musée du même nom.

Centre-ville de Beyrouth. Un peu avant 19 heures, la manifestation tourne à l’émeute. Des citoyens tentent de forcer les barrières de sécurité pour se rendre au Parlement. Les policiers répliquent par de puissants jets d’eau et des bombes lacrymogènes. 39 personnes sont hospitalisées suite à ces violences. Une soixantaine est traité sur place. Dans le centre-ville cossu de Beyrouth c’est le chaos.

Achrafiyeh. 19 heures. Sur des airs d’opéras, le gratin de la société libanaise est venu célébrer la réouverture du Musée Sursock en grandes pompes. Après sept ans de fermeture et un véritable lifting, l’événement symbolise une résistance culturelle libanaise à toutes épreuves.

A Beyrouth, la même soirée, symbolise toute l’absurdité d’une ville tiraillée entre dommages et renaissance, une ville où le meilleure comme le pire s’affronte quotidiennement.